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Depuis 1994, le 9 août est souligné chaque année comme la Journée internationale des peuples autochtones. Vous n’en aviez pas entendu parler? Il s’agit d’une occasion qui passe souvent sous silence, tout comme la Journée nationale des peuples autochtones célébrée au Canada le 21 juin. Les communautés autochtones, qui font face à plusieurs problématiques importantes, sont souvent négligées et oubliées au sein d’une société moderne axée sur la consommation et la performance.  Pourtant, ces peuples possèdent une fine connaissance de la nature et une richesse culturelle extraordinaire. Nous pouvons nous inspirer de celles-ci pour adopter des meilleures pratiques en développement durable, particulièrement d’un point de vue environnemental et social. 

 

Une vision globale pour protéger l’environnement 

Une des trois dimensions fondamentales du développement durable, celle de l’environnement, nous invite à repenser les rapports que l’humain entretient avec la nature. Les innovations technologiques et le rythme de vie effréné de la société actuelle provoquent un détachement par rapport à la nature qui se reflète ensuite dans les comportements humains. L’ONU indique que « le mode de vie et les moyens d’existence des peuples autochtones peuvent nous apprendre beaucoup sur la préservation des ressources naturelles, l’approvisionnement et la production d’aliments de manière durable ; et sur une vie en harmonie avec la nature. » En effet, ces communautés possèdent une profonde compréhension des écosystèmes qui s’est développée de génération en génération. Ils adoptent par ailleurs une vision beaucoup plus globale par rapport à l’environnement. Un exemple de ceci est le principe des 7 générations, qui consiste à prendre en considération les effets d’une décision sur le long terme, plus spécifiquement les impacts qu’elle aura sur les 7 prochaines générations (source, source).

Bien que ce principe ait été exploité à des fins de greenwashing par différentes compagnies, il nous invite à réfléchir sur le sens du développement durable et sur la façon dont nous le mettons en action, puisque, après tout, l’objectif poursuivi est de laisser un monde sain et viable aux générations futures. 

Une richesse culturelle pour enrichir la société 

Dans sa stratégie de développement durable, le gouvernement du Québec accorde une importance particulière à l’équité sociale, qui inclut la lutte contre des problèmes sociaux tels que la pauvreté et l’exclusion sociale, mais aussi l’enrichissement culturel au contact de cultures diversifiées. Les communautés autochtones possèdent une richesse culturelle exceptionnelle que nous ignorons souvent, que ce soit de façon volontaire ou involontaire. Le manque de visibilité dans les médias officiels et dans le paysage culturel québécois ne contribue pas à la situation (source). Pourtant, nous avons une vaste communauté artistique autochtone qui propose des oeuvres captivantes qui mettant en lumière des enjeux sociaux, mais qui vous permettront aussi de réfléchir à des problématiques sociales générales et à porter un regard critique pour mieux exercer votre rôle de citoyen. La clé? La curiosité et l’ouverture. Voici quelques pistes pour commencer à découvrir les cultures des peuples autochtones  :

  • Littérature et poésie : consulter les oeuvres de la liste #lecturesautochtones ou explorez ces 12 auteurs des premières nations proposés par la revue Les libraires 
  • Musique: découvrir des artistes via la plateforme Nikamowin, dédiée aux musiques autochtones traditionnelles et contemporaines 
  • Arts de la scène : consultez les productions des compagnies de théâtre Menuentakuan, Ondinnock et Onishka, toutes trois dédiées à l’art autochtone. 
  • À l’écran: le portail Cinéma autochtone, mis en place par l’Office national du film du Canada, offre gratuitement des films réalisés par les Autochtones 
  • Transmission orale et des savoir-faire : voici une liste de 16 musées qui mettent en valeur la culture autochtone au Québec 

Encore mieux, vous pouvez prendre part aux initiatives organisées par les communautés autochtones ou vous rendre sur leur territoire lorsqu’approprié. 

En plus des enjeux soulevés par les dimensions environnementales et sociales, il ne faut pas oublier l’histoire des peuples autochtones, qui étaient là bien avant l’arrivée des Européens, et des injustices qu’ils ont subies de la part des gouvernements et des communautés non-autochtones. Il revient aujourd’hui à chacun, plus que jamais, de reconnaître l’importance des peuples autochtones dans notre société et d’aligner nos actions pour vivre en harmonie avec eux. 

 

LE SAVIEZ-VOUS? 

  • Les territoires autochtones traditionnels couvrent 28 % de la surface terrestre mondiale, mais abritent 80 % de la biodiversité de la planète (ONU) 
  • Selon le recensement de 2016 réalisé par Statistique Canada, les Autochtones formaient près de 5 % de la population nationale 
  • Le Canada regorge d’une grande diversité de langues autochtones, avec plus de 60 langues regroupées en 12 familles linguistiques distinctes. 
  • La gestion des matières résiduelles est un enjeu important dans les communautés autochtones du Nord. En raison des basses températures, il est impossible d’enfouir les déchets dans le pergélisol et ceux-ci doivent être brûlés, ce qui présente beaucoup d’enjeux. Consultez ce reportage de Radio-Canada pour en apprendre plus.