par Maria Camila Gallego Betancur | 10 juin 2020 | Environnement
Saviez-vous que, depuis le début de la pandémie, la consommation de sacs de plastique a augmenté de 20%? (TVA, 2020) L’appréhension écologique envers ce produit se dissipe dans la marée de préoccupations socio-sanitaires actuelles. Mais connaissez-vous la surprenante histoire de cet objet mal-aimé des environnementalistes? L’équipe de NOVA vous propose aujourd’hui un tour d’horizon.
Le sac de plastique : un produit aux nobles origines
Vous serez sûrement surpris d’apprendre que le sac de plastique a été envisagé comme une alternative écologique au sac de papier. C’est entre autres dans un souci de limiter la déforestation que l’ingénieur suédois Sten Gustaf Thulin a créé en 1959 le modèle à base de plastique. Sa vision? Un produit durable, facile à transporter et pouvant être réutilisé de nombreuses fois. Selon le fils de l’inventeur, l’idée de jeter le sac de plastique après un seul usage serait bizarre aux yeux de M. Thulin (BBC, 2019). Ce dernier transportait un sac plié dans sa poche partout où il se rendait.
Commercialisé par la société suédoise Celloplast en 1965, le sac de plastique a rapidement gagné de la popularité en Europe. Ce fut une véritable révolution, puisque les sacs de papier sans poignées se cassaient facilement et devenaient détrempés au contact avec l’eau. Dans les années 1980, il fait une percée importante aux États-Unis et devient un produit incontournable dans les épiceries et les magasins à l’échelle internationale. Parmi les avantages du sac de plastique, on notera aussi qu’il est très léger, robuste et polyvalent.
La pollution plastique, un enjeu environnemental criant
Malgré les bonnes intentions de l’inventeur, ce qui devait être un produit réutilisable est devenu un produit à usage unique. Le résultat? Une surproduction problématique pour l’environnement. Selon l’organisme Plastic Oceans, chaque Canadien utilise en moyenne 700 sacs de plastique par année. Or, la majorité de ces sacs ne sont pas recyclés et deviennent de la pollution plastique.
Un article publié en 2017 dans la revue Science Advances indique que près de 80 % des déchets plastiques se retrouvent dans les sites d’enfouissement ou dans l’environnement naturel. Des centaines d’années peuvent s’écouler avant qu’ils ne se décomposent. Ils présentent également un danger pour la vie sauvage. Les animaux marins, par exemple, peuvent confondre les sacs de plastique pour de la nourriture ou ingérer des particules plastiques qui se retrouvent ensuite dans la chaîne alimentaire. Plus alarmant encore, il est estimé que d’ici 2050, il y aura plus de plastique que des poissons dans les océans.
Différents types de sacs de plastique
Sacs de polyéthylène
Les sacs de plastique traditionnels sont fabriqués de polyéthylène, une matière à base de pétrole qui constitue la forme plastique la plus utilisée dans le monde. Ils peuvent venir en différentes densités, ce qui résulte en des sacs à plastique mince, plus flexibles et moins rigides, ou à plastique épais, plus robustes et durables. Cependant, il existe d’autres variantes que nous examinerons ici.
Sacs oxo-biodégradables
Ces produits sont aussi fabriqués à base de polyéthylène, mais ils contiennent un additif qui facilite la décomposition. D’un point de vue environnemental, ils sont très nocifs parce qu’ils libèrent du CO2 et laissent des particules de plastique invisibles qui ne se décomposent pas complètement. Ils contaminent donc les milieux naturels et peuvent même se rendre à la chaîne alimentaire. Leur utilisation à été interdite par la Commission européenne, mais demeure toujours légale au Canada. Certaines municipalités les ont bannis, d’autres non.
Sacs compostables
Ces sacs sont compostables puisque leur fabrication utilise des matières végétales (polymères naturels), commes des dérivés d’amidon de maïs, de pomme de terre ou de canne à sucre. Bien qu’ils se décomposent plus rapidement que les sacs conventionnels, ils nécessitent plus d’eau et d’énergie au moment de la production. Il faut par ailleurs prendre garde aux étiquettes, puisque ce ne sont pas tous les sacs biodégradables qui sont certifiés. En Amérique du Nord, la norme ASTM D6400i régit les matières plastiques pouvant être compostées dans les installations industrielles de compostage municipal. Les produits doivent être en mesure de se décomposer en moins de 180 jours dans des conditions spécifiques pour répondre aux exigences. Les certifications compostable du Bureau de la normalisation du Québec (BNQ), du Biodegradable products institute U.S (BPI) ou OK Compost vous permettront de les identifier.
Sacs réutilisables
Le plastique est également utilisé pour la fabrication de sacs réutilisables. On en distingue deux types : le sac en polypropylène tissé et le sac en polypropylène non tissé. Même si ces produits ont une meilleure durabilité que les sacs en plastique, ils nécessitent beaucoup plus de ressources, ce qui augmente leur empreinte carbone. Ils doivent donc être utilisés un grand nombre de fois pour offrir un meilleur rendement écologique. Sans oublier que le lavage récurrent de ces sacs nécessite de l’eau et de l’énergie.
Comment disposer des sacs de plastique?
Même lorsqu’ils sont biodégradables, les sacs de plastique ne doivent jamais être laissés dans les milieux naturels. Les sacs conventionnels doivent idéalement être recyclés, et les sacs certifiés biodégradables doivent être compostés. Les sacs oxo-biodégradables ne peuvent être ni recyclés ni compostés. Ceci est très important à tenir en compte, puisqu’ils peuvent devenir des sources de contamination si disposés au mauvais endroit.
Bien que le sac conventionnel de plastique figure sur la liste noire des environnementalistes depuis plusieurs années, il est inévitable dans certaines circonstances. Le sac de papier est de plus en plus populaire, à vous de juger lequel propose une solution plus écologique selon l’utilisation que vous prévoyez en faire!
par Maria Camila Gallego Betancur | 3 juin 2020 | Environnement
Saviez-vous que le 5 juin est la Journée mondiale de l’environnement? Depuis 1974, les Nations Unies soulignent cette journée pour conscientiser la population mondiale à l’importance des actions environnementales. Mais comment est née cette initiative? Quel a été son impact au fil des ans? Voici le portrait d’une date unique qui met à l’honneur la protection des ressources naturelles et des espèces vivantes de notre planète.
L’histoire d’une grande journée pour l’environnement
C’est en 1972, lors de la Conférence de Stockholm sur l’environnement humain, que l’Assemblée générale des Nations Unies a déclaré le 5 juin comme Journée mondiale de l’environnement. Pour qu’une date devienne officielle, elle doit être votée par une majorité à l’Assemblée des Nations Unies, puis décrétée par écrit dans une résolution. En 1974, la première célébration annuelle à saveur environnementale se tenait sous le thème de « Une seule planète terre ».
Au fil des décennies, ce point de repère dans le calendrier a permis de mettre en lumière de nombreux enjeux environnementaux et d’encourager la prise d’actions concrètes. En 1981, par exemple, la journée s’est axée sur les produits chimiques toxiques des eaux souterraines et des chaînes alimentaires. L’année suivante naissait le programme Montevideo, qui a rendu possible l’établissement d’accords internationaux majeurs décrétant l’élimination ou la diminution de certains produits chimiques dangereux.
En 1986, qui fut l’Année internationale de la paix, des dirigeants politiques et religieux se sont réunis à New York pour planter un arbre à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement. Un geste symbolique important pour marquer les liens qui existent entre les conflits et la destruction des ressources naturelles. À partir de 1987, un pays hôte est désigné chaque année pour tenir une exposition internationale pendant la semaine du 5 juin.
En 2000, un site internet dédié à la Journée mondiale de l’environnement a été lancé pour créer une communauté et permettre aux citoyens d’enregistrer des activités variées en lien avec la thématique proposée chaque année.
Une plateforme de sensibilisation et d’action pour l’environnement
Les journées internationales servent à mettre en lumière des problèmes sociaux, économiques et environnementaux. Elles sont des occasions pour unir les forces de diverses parties prenantes pour transmettre des messages qui vont générer des changements positifs.
En 2020, le pays hôte est la Colombie et la thématique proposée est « le temps de la nature » , qui nous amène à réfléchir sur la biodiversité et sur notre rôle pour freiner la disparition d’espèces en danger. Vous voulez en apprendre davantage sur la biodiversité et ses enjeux? Le site des Nations Unies propose un quiz ludique pour tous ainsi qu’un guide pratique à l’intention de divers groupes comme les entreprises, les municipalités, les institutions académiques, mais aussi les particuliers et la société civile.
Comment participer à cette Journée mondiale?
Le meilleur moyen de participer à la Journée internationale de l’environnement est de poser des gestes verts dans votre quotidien. Nous vous parlons dans notre dernier article de 6 conseils pour réduire votre empreinte écologique au cours de l’été, qui vous donneront sans doute quelques idées.
La ville de Montréal a par ailleurs été désignée comme capitale nord-américaine pour souligner la journée en 2020. Deux activités virtuelles ont de ce fait été organisées : un panel ayant comme thème « activer le potentiel humain en faveur de la biodiversité » ainsi qu’un concert de la musicienne et activiste environnementale Rebecca Foon. Retrouvez plus de détails sur le site web de la ville de Montréal.
par NOVA envirocom | 5 février 2020 | Environnement
« Écologique, 100 % biodégradable, sans danger pour l’environnement, sans phosphate, recyclable, non toxique. » La publicité verte a littéralement explosé et l’offre de produits « verts » a augmenté de 73 % au cours de la dernière année. Mais ces produits sont-ils réellement plus écologiques ou s’agit-il simplement de greenwashing?
Les 7 péchés du Greenwashing
L’organisme TerraChoice a identifié les « Sept péchés du Greenwashing » (ou péchés de mascarade écologique) :
1. Compromis caché : On attire l’attention sur un aspect écologique en passant sous silence que certaines composantes sont nocives ou que le procédé de fabrication est polluant. Par exemple, les produits faits de papier sont plus écologiques, mais peuvent être responsables de la destruction de forêt.
2. Absence de preuve : On prétend que le produit est vert, mais aucune preuve ou validation n’a été faite par une tierce partie. Ce manque de crédibilité représente donc une forme de greenwashing.
3. Imprécision : Allégation si vague qu’elle perd toute signification. Exemple: «100% naturel » ou «écologique».
4. Culte de l’étiquette mensongère : On appose un logo qui s’inspire fortement de ceux émis par de véritables organismes de certification, ce qui laisse croire qu’il a été agréé par une tierce partie.
5. Non-pertinence : On mentionne l’absence d’une substance nocive alors qu’il n’en a jamais contenu ou que celle-ci est interdite. Exemple: « sans CFC ».
6. Moindre de deux maux : Allégation qui démontre le côté plus « vert » d’une catégorie de produits non écologiques. Exemples: cigarettes biologiques, VUS économe de carburant.
7. Affabulation ou mensonge : Une prétention carrément fausse.
Selon le rapport 2010 de TerraChoice, 95 % des 5 296 produits dits « verts » évalués au Canada et aux États-Unis commettent un ou plusieurs des sept Péchés de mascarade écologique.
Que pouvons-nous faire pour changer la situation?
On doit donc développer son sens critique et faire preuve de vigilance et de discernement. Voici quelques pistes pour mieux s’y retrouver :
- Choisir des produits certifiés par des organismes reconnus.
- Vérifier qui est l’organisme de certification des nouveaux logos.
- Développer un esprit critique. Se questionner sur le cycle de vie du produit(provenance, durabilité, contenu, emballage, recyclabilité, etc.)
- Dénoncer des publicités fausses ou trompeuses auprès du Bureau de la concurrence au 1-800-348-5358 ou par courriel à [email protected]
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